>> Bref historique
>> La philosophie en tant que thérapie
>> Philosophie et psychologie comparées
>> Compétences d'un philosophe
>> Code de déontologie

" Le menuisier façonne le bois ; l'empenneur façonne les flèches, le sage se façonne lui-même. "
Budda

 

Bref historique

L'utilisation de la philosophie comme thérapie individuelle n'est pas nouvelle. Les débuts de l'aide philosophique remontent à Socrate, c'est-à-dire au Vème siècle avant J.C. Les écoles philosophiques helléniques de Grèce et de Rome ne pratiquaient pas la philosophie comme une théorie intellectuelle ou académique distincte, mais comme un moyen de réguler la souffrance humaine et les problèmes du monde. Depuis deux mille ans, de nombreux philosophes, tel qu'Épicure qui considérait la philosophie comme une « thérapie de l'âme », Descartes, conseiller de la reine Christina de Suède, ou encore Locke, conseiller du Duc de Shaftesbury, ont utilisé leurs connaissances philosophiques pour résoudre les problèmes humains.

Le mouvement moderne de l'assistance philosophique n'est pas une branche de la psychothérapie, mais une tentative de ramener la philosophie à sa vocation d'origine qui consiste à s'occuper des problèmes de la vie humaine. Ce mouvement a été lancé en 1981, date à laquelle Gerd Achenbach a ouvert un cabinet en Allemagne pour tenter de sortir la philosophie de sa tour d'ivoire universitaire. Il a utilisé la philosophie pour des consultations privées, créant un « lieu de liberté » où les gens pouvaient utiliser la philosophie pour approfondir leur propre réflexion sur des sujets qui les tracassaient. Ce mouvement s'est peu à peu développé et s'est installé dans d'autres pays européens, en Israël, en Inde, en Afrique du Sud, aux États-Unis, au Canada et en Amérique du Sud.

 
La philosophie en tant que « thérapie »

La philosophie peut-elle être thérapeutique ?
Oui et non.
La philosophie est thérapeutique au sens originel du terme. Thérapie vient du grec « therapeuein » qui signifie « s'occuper de », « aider ». Dans ce sens, la philosophie peut sans conteste être considérée comme une thérapie. Socrate comparait le rôle du philosophe à celui d'une « sage-femme ». À l'occasion d'un questionnement philosophique, un bon philosophe peut aider à « faire sortir » ou à « dévoiler » une vérité sous-jacente. Le rôle du philosophe est de « réveiller » la capacité d'une personne à philosopher. Les prises de conscience qui en découlent aideront la personne à développer ses propres capacités naturelles et à évoluer en toute conscience vers ses objectifs. 

La philosophie n'est pas une thérapie si la personne s'attend à recevoir un traitement et à guérir. Aujourd'hui, le terme « thérapie » est souvent associé au trio maladie-diagnostic-traitement. Même si une personne peut s'attendre à voir évoluer sa manière de penser et son comportement, et donc à tirer des bénéfices de l'assistance philosophique, la transformation n'est pas « passive ». Le philosophe n'établit pas de diagnostic, ne traite pas et ne « guérit » pas, et il est absolument impossible de garantir que la philosophie parvienne à répondre comme par magie aux attentes des certaines personnes.

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Quelle est la différence entre l'assistance philosophique et la thérapie psychologique ?  

L'assistance philosophique n'est pas une psychothérapie, mais la distinction n'est pas aussi évidente que cela. Philosophie et science partageaient autrefois une discipline commune : avant le XVIII e siècle, la psychologie était une branche de la philosophie. Depuis toujours, les philosophes observent la nature humaine, et des thèmes tels que la perception, la cognition, la conscience et les émotions (qui sont maintenant censés relever du domaine de la psychologie) sont étudiés en philosophie depuis plus de 2 000 ans ! De nombreuses thérapies psychologiques s'appuient sur la philosophie (l'approche centrée sur la personne de Carl Rogers, la thérapie émotionnelle rationnelle de Robert Ellis, l'analyse transactionnelle, la thérapie existentielle de Victor Frankl ou de Rollo May), et certaines approches philosophiques s'appuient sur la psychologie (phénoménologie ou existentialisme).

La psychologie ne peut exister sans compréhension philosophique et inversement. Il est clair que les deux disciplines partagent un vecteur commun, le dialogue , ainsi qu'un objectif commun, la résolution des problèmes humains .

Il existe, cependant, des différences évidentes si l'on décrit la psychothérapie de manière stéréotypée.

Psychothérapie
Philosophie
La psychothérapie se déroule entre un thérapeute et un patient.

Le conseil philosophique, lui, se déroule entre un philosophe et un interlocuteur.

Elle implique généralement la pose d'un diagnostic et le choix d'une méthode de traitement. Il n'y a pas de diagnostic et aucune méthode particulière n'est utilisée.
Le thérapeute joue un rôle plutôt actif et le patient un rôle plutôt passif. Une interaction se créé entre le philosophe et son interlocuteur, interaction au sein de laquelle l'interlocuteur est actif plutôt que passif.
Le patient arrive avec un problème qu'il souhaite résoudre et il est considéré comme victime d'une défaillance mentale ou psychique. L'interlocuteur a un problème qu'il souhaite clarifier et résoudre, mais il est considéré comme mentalement et psychiquement sain.
La psychothérapie se base sur le déterminisme scientifique, et le patient peut être considéré comme victime d'une chaîne causale. Le principe de base de la consultation est la liberté individuelle, et l'interlocuteur est considéré comme une personne libre et responsable.
L'accent est mis sur les émotions.

L'accent est mis sur la cognition.

L'objectif vise à modifier le ressenti du patient. L'objectif est la compréhension ou la vérité.
La clé de cette opération réside dans l'analyse du passé du patient (ce qui implique souvent des années d'analyse). La clé du changement réside dans l'analyse du problème présent (qui peut généralement être résolu en un nombre limité de sessions).
Le problème est essentiellement psychologique. Le problème est essentiellement philosophique.

 
De quelles qualifications un philosophe doit-il disposer pour devenir   conseiller ?

En plus des qualités d'empathie, de sincérité et de positivisme, la réussite et l'efficacité d'un conseiller tiennent à sa capacité de comprendre les problèmes de son interlocuteur.

Les philosophes suivent un cursus rigoureux qui implique la compréhension de certains des plus grands penseurs de l'histoire, dont beaucoup sont notoirement difficiles à comprendre. Les philosophes ne mémorisent pas les textes, ils les analysent. Ils étudient ces penseurs, leurs hypothèses et les résultats de leurs réflexions, les influences qu'ils ont subies, la manière dont leurs idées se sont rejointes ou non, et ils essaient de comprendre exactement la signification de leurs écrits.

Les philosophes étant formés à l'art du questionnement général, il semble qu'un philosophe correctement formé, possédant également des qualités essentielles d'engagement et d'empathie, peut devenir un thérapeute individuel très qualifié.

 

 


Code de déontologie

Conformément à mes propres normes déontologiques, et en tant que conseillère philosophique certifiée par l'APPA ( American Philosophical Practitioners Association ), je suis moralement tenue de me conformer à un code de déontologie. Le premier critère du code de déontologie de l'APPA, qui est similaire au « Serment d'Hippocrate », stipule que les « praticiens philosophiques s'efforceront, par dessus tout, de ne pas nuire à leurs clients ».